Au-devant d’une longère en Dordogne, nous avons travaillé à aménager une grande esplanade. La demande fut de la transformer en un espace plus diversifié et plus abrité. L’idée vient alors d’y poser quelques revêtements au sol, d’y installer un potager, et de cloisonner cet espace par un mur.
Après plusieurs esquisses et temps d’échanges et de réflexion, nous avons finalement opté pour un projet au budget raisonnable combinant différentes propositions. La conception s’est ensuite précisée et affinée sur site suivant les éléments disponibles et le ressenti sur site.
Sur ce grand terrain familial, les ressources présentes sur site ont considérablement orienté les propositions de projet. De nombreux chênes et châtaigniers morts, tombés ou sénescents étaient présents sur les parcelles forestières attenantes. Ils m’ont tout de suite donné envie de proposer une terrasse en bois debout, un pavage en rondins de bois. Par ailleurs, le sous-sol du terrain étant une grave de galets roulés, celle-ci était particulièrement adaptée à la pose de ce pavage. À l’ombre d’un imposant robinier faux-acacia, une plateforme de 25 m² au nivellement bombé a alors été constituée en rondelles de chêne, de châtaignier et de robinier faux-acacia. Celle-ci a été agrémentée de plantations arbustives et vivaces afin qu’elle devienne un cocon ombragé, protégé et fleuri.
Par ailleurs, les châtaigniers conduits en taillis nous ont permis de créer un enclos, à l’aide de perches taillées en piquets et de gaulettes tressées. Dans ce jardin potager clos, les petits fruits se mêlent aux grandes vivaces et annuelles potagères. Les palissades servent de support aux vignes, framboises et mûres, tandis que des bordures en poutres de chêne récupérées délimitent les petites plantations.
Enfin, la construction la plus importante a été celle d’un mur de séparation de 12 m². Celui-ci a été réalisé avec des pierres récupérées sur une ruine à moins de 5km de là. Une propriétaire cherchait à se défaire d’un vieil apprenti en train de s’écrouler. Nous avons donc abattu l’édifice et récupéré les pierres, et les poutres. Les pierres de taille nous ont permis de reconstituer des chaînages d’angles, alors que le reste du mur est constitué de moellons, le tout maçonné avec du mortier de chaux hydraulique.
Par ailleurs une allée de fruitiers a été plantée dans la prairie en contrebas de cette terrasse, leur croissance étant de plus en plus importante plus ils sont plantés au bas de la pente.